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  • Thomas Ferry

Escalade : coupe du monde de Briançon !

Mis à jour : il y a 3 jours

Ceux qui auront la chance d'être dans le briançonnais les 21 et 22 août 2020 vont pouvoir assister à une épreuve exceptionnelle : une étape de la coupe du monde d'escalade ! Et la ville n'en est pas à son coup d'essai, puisque la vallée organise cet événement mondial depuis... 1989 (si si, j'étais déjà né...).

Si cette ville est chère à mon coeur, la discipline l'est tout autant puisque depuis maintenant près de 20 ans je prépare des grimpeurs, que ce soit en préparation physique ou mentale d'ailleurs. Et l'étape de Briançon me plonge dans de jolis souvenirs, très intenses parfois, car c'est une chance d'avoir pu suivre quelques pointures mondiales en route vers leurs premières finales internationales ! A peine le temps de l'écrire que ce petit pic de fierté est redescendu à un niveau plus correct : la grimpe apprend à rester humble !


Je me souviens, lorsque j'étais encore adolescent, j'avais travaillé dans une coopérative céréalière, et il m'arrivait de monter sur des échelles pour atteindre des zones à nettoyer (aaah le blé et sa poussière....). Avec moi, quelques autres étudiants, qui ne grimpaient absolument pas. Un jour, l'un d'entre eux m'avait dit "bah franchement, tu ne montes pas vite pour un grimpeur. Tu dois être nul, non ?". Je pourrais souligner la dernière partie de la phrase, et avouer qu'il n'avait pas complètement tort... mais plus intéressant que cela, j'ai compris ce jour-là que bon nombre de personnes pensaient que l'escalade se résumait à grimper le plus vite possible !


C'est un peu vrai, car depuis il existe effectivement des compétitions de vitesse (et vous serez impressionnés !). Spontanément, c'est un peu cette idée que se font les gens de l'escalade. A Briançon, cette année, vous verrez plutôt des voies extrêmement difficiles, où l'objectif sera d'aller le plus haut possible pour gagner ; on appelle ce format une épreuve de "difficulté".

Plusieurs études ont tenté d'évaluer la part de mental dans ce genre de compétition. On aime bien ça, établir des pourcentages, non ? Alors, à partir du moment où on cherche à quantifier la part de mental, on cherche ce qui peut le compléter, et on arrive très vite à un truc du genre : mental / physique / technique / tactique. Et alors, quelle est donc la part du mental en escalade ? Je ne sais pas trop à quoi ça sert de se poser la question... mais vous êtes nombreux à me l'avoir posée, sûrement parce que c'est un sport impressionnant, époustouflant, et que tous ceux qui ont le vertige se sentent inconsciemment obligés de poser cette question ! Récemment, une grimpeuse que j'ai entraînée m'a posé cette même question, parce qu'on lui demandait de préparer une future interview ; elle faisait partie de la liste.


Escalade ou pas, comment peut-on répondre à cette question ? Comment être certain d'avoir la bonne réponse ? Sur quoi s'appuyer ? Oui, les gens aiment bien avoir le petit camembert avec les pourcentages de chaque thématique. Je vais malheureusement livrer une réponse très personnelle à cette question : le jour J, le jour de la compétition, on arrive avec le physique qu'on a, avec le niveau technique qu'on a. Cela fait des mois qu'on travaille pour ça, voire des années. Alors, en compétition, si on part du principe que tout est "acquis" (bon, oui, l'échauffement va permettre quand même d'optimiser la partie physique !), le mental représentera 100%. Voilà ce qu'il faut avoir dans sa tête. Vous avez travaillé dur ? C'est dans la poche, vous ne pourrez plus rien faire pour être plus fort, plus puissant, pas le jour J en tout cas. Alors, le jour d'une compétition, voilà ce que je dis aux sportifs : maintenant, la différence se fera mentalement. On peut être préparé physiquement, si le mental ne suit pas, on ne sera pas efficace.


On ne pourra jamais répondre à cette question de la part du mental dans une discipline, alors autant faire passer les bons messages : en compétition, cela représente 100% (parce que la tactique, c'est aussi du mental, n'est-ce pas ?). Le reste du temps, finalement, ça ne sert à rien de répondre à cette question, car ceux qui la posent l'oriente forcément en pensant "performance". Le reste du temps, on travaille un peu le mental, et beaucoup le reste. Bien sûr, la morale de cette histoire pourrait être de ne pas abuser du fromage... mais... je préfère vous laisser le lien de la compétition :

http://www.mondial-escalade.fr/programme/



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