La série Olive et Tom

vue par un préparateur mental

Introduction

Olive et Tom, un dessin animé qui parle à toute une génération de jeunes garçons passionnés (ou presque) de football, mais aussi à quelques filles qui avaient rapidement compris que ce n’était finalement pas vraiment du foot. D’ailleurs, à cet âge-là, je pensais qu’on disait “dessanimé”, bien loin encore de comprendre le processus technique pour donner vie à quelques dessins. Un peu plus de trente ans plus tard, mes talents dans ce domaine ne sont pas bien plus avancés. Cependant, cette série a marqué une partie de ma vie, inévitablement, et c’est en tant que préparateur mental que je plonge dans mes souvenirs. L’allusion à la natation, décidément, n’est pas non plus la plus pertinente, étant donné mon niveau aquatique. Peu importe si je coule un peu trop, si je n’arrive pas à refaire surface au bon moment. “Olive et Tom” vu par un préparateur mental, voilà une idée étrange et pourtant totalement assumée.

Quand on évoque ce dessin animé à l’âge adulte, on tombe vite dans les critiques faciles : les terrains de plusieurs dizaines de kilomètres, les sauts improbables qui durent vingt secondes, des gradins remplis de japonais dès le niveau régional, des retransmissions TV en direct dans tout le pays, le meilleur avant-centre brésilien devenant soudainement l’entraîneur personnel du jeune Olivier, des failles assez importantes dans le scénario, et j’en passe, pour le pire ou le meilleur. Olive et Tom, raisonnablement, c’est un dessin animé bien loin de la réalité footballistique, tapant sur les nerfs à chaque résumé de l’épisode précédent qui dure jusqu’à quatre ou cinq minutes. Aujourd’hui, le dessin animé est même noté, évalué sur les sites spécialisés, au milieu d’autres séries, et sa note est plus que moyenne (ou tout juste à la moyenne). Il divise les 5/5 et les 1/5 ! Dans les commentaires, on retrouve quelques exemples que j’ai évoqués précédemment, avec d’autres critiques également, concernant la qualité des dessins, ou les images plusieurs fois utilisées pour économiser... du papier (comment, ce n’est plus avec du papier qu’on fait les dessins animés ?) ? C’est vrai que comparativement à ce qui se fait maintenant, on est loin des graphismes modernes. Olive et Tom méritent-ils cette note si sévère de 2,7/5 sur Allociné par exemple ? Peut-être bien. Peut-être bien si on est un adulte, et qu’on y est depuis un moment. En tout cas, pour un préparateur mental, Olive et Tom méritent la meilleure note, tellement on y trouve les grandes thématiques de la discipline, et c’est là tout l’objet de ces lignes forcément un peu subjectives, mais écrites avec professionnalisme (si,si !).

Je tiens à préciser que je n’ai fait qu’un an de football, en CM2, avant de me jeter corps et âme dans le handball (où j’ai appris qu’on disait “handballe” et pas “handbaule”) pendant plusieurs années. Et je dois bien avouer que je n’ai jamais réussi à sauter aussi longtemps en l’air. D’autre part, au hand, on ne peut pas pénétrer dans la zone adverse, au risque de se faire sanctionner ; je n’ai donc jamais tenté de prendre appui sur le poteau du but pour m’envoler dans les airs et faire un retourné acrobatique au-dessus des joueurs médusés (décidément, cette thématique aquatique...). “Médusé”, un mot maintes fois utilisé par le commentateur du dessin animé. Un an de foot donc, officiellement, mais j’avoue avoir joué à peu près tous les jours de la sixième à la troisième, privilège d’avoir été le copain du fils du gardien du collège qui – vous l’aurez compris – avait les clés du petit terrain multi activités. Le terrain de hand a longtemps fait office de terrain de foot, empêchant les tacles certes, mais nous permettant de prendre un vrai plaisir au fil des matchs. D’ailleurs, combien de règles avons-nous inventées, adaptées ? Là non plus, ce n’était pas du foot.

Olive et Tom, ses 115 000 abonnés YouTube en 2020, et pas moins de 2 800 000 vues du premier épisode, je serais bien curieux d’avoir quelques données sur la moyenne d’âge de tous ces fans ! À ce propos, si ce dessin animé m’a autant marqué, c’est sûrement parce que c’était le seul que je regardais ; la télévision ne faisait pas vraiment partie de mon éducation. Les ai-je tous regardés ? Pas sûr. En tout cas, mes parents doivent se souvenir que je les suppliais d’enregistrer les épisodes manqués. J’ai aussi le souvenir d’avoir eu l’album Panini, jamais fini d’ailleurs. La quête des images “brillantes”, telle était notre occupation quand nous rentrions de l’école en car. Une image brillante s’échangeait contre cinq images classiques. Aujourd’hui, tout est plus simple, plus accessible. Le monde moderne nous permet de revenir en enfance en une fraction de seconde, le temps d’un clic. Même les images doivent pouvoir se commander (quoi, c’était déjà le cas avant ?). C’est ce voyage que je vous propose, m’amusant des parallèles entre mon cœur un peu resté en enfance et mon métier de préparateur mental. Mais attention, si l’humour est de rigueur, ainsi que l’autodérision, tout ce qui concernera la partie “mentale” sera à considérer avec la plus grande attention.

À 7ans, je m’identifiais à Thomas Price, ce gardien invincible (le prénom, sûrement). Mon ami Benoît était le fameux Ben Becker. Et j’ai quand même le souvenir d’un Olivier, qui n’avait pas forcément le profil du grand champion Olivier Atton, mais peu importe, quand on joue tout est possible. À 9ans j’étais inscrit dans le club de foot de ma ville. Je n’étais pas le gardien de mon équipe, mais secrètement j’avais des gants de “goal”, bien pratiques quand on tirait des boulets de canon entre le poirier et la haie du jardin. Pauvres fraisiers, que de dommages collatéraux. C’était juste avant le collège. Juste avant le terrain de handball. Avant que mon âme d’enfant ne s’évapore petit à petit. Je pensais que ce dessin animé n’était plus d’actualité. Pourtant, il était là, en profondeur. Invisible.

 

La thématique de la blessure

Des chevilles, des tibias, des crânes faisant jaillir quelques gouttes de sang, des épaules, dès les premiers épisodes, on rentre dans le grand bain (je ne soulèverai désormais plus les commentaires aquatiques, c’est certainement mieux pour le confort de lecture). C’est aujourd’hui une thématique très représentative de la préparation mentale, beaucoup de sportifs se décident à travailler avec un “coach” dans une phase de réathlétisation, sorte de période qui précède la reprise des compétitions. Dans le meilleur des cas, les sportifs sont bien sages, optimistes, ils respectent les temps de cicatrisation, les repos préconisés, leur alimentation est saine. Souvent, c’est comme cela que ça se passe, surtout à haut niveau. Dans les niveaux en dessous, c’est un peu moins vrai parfois, avec des tentatives prématurées de retour. D’ailleurs, n’avez-vous jamais entendu des adultes dire des phrases du style “ah non, je ne peux plus faire de sport, parce que je me suis fait une entorse quand j’avais 8 ans”. Certes, les sportifs de haut niveau consultent certainement les plus grands spécialistes, mais quand même... combien de reprises précoces ? Combien de craquages, sur l’alimentation, l’hygiène de vie ? Et pour avoir échangé avec quelques entraîneurs spécialisés dans le suivi d’adolescents, combien sont ces garçons qui préfèrent accorder davantage de temps à la séduction qu’à l’entraînement ? Rien de plus normal, la nature est ainsi faite, mais une blessure peut parfois mettre fin à une carrière, avec le cocktail “impatience et séduction naissante”. De ce côté-là, notre cher Olivier Atton ne semble pas vraiment s’intéresser aux filles ; à 10 ans cela peut se comprendre, mais il ne change pas vraiment lorsqu’il participe quelques années plus tard à son troisième championnat national !

C’est donc avec Thomas Price que “la série dans la série débute” : une cheville en vrac. C’est d’ailleurs problématique, car il sera incapable de relever le défi lancé par l’incroyable Mark Landers, qui tire un boulet de canon sans qu’il puisse bouger ne serait-ce que d’un centimètre. Plus les dessins animés avancent, plus il est question de blessures, et tout le monde y passe ou presque. À un moment, on se demande même si cela ne va pas gagner les supporters fidèles de la New Team, fameuse équipe du capitaine Atton. J’évoquais un peu plus tôt l’envie qu’ont certains sportifs de revenir un peu trop tôt à la compétition. Dans la série, il n’est même pas question de s’arrêter (le plus sage est quand même Thomas Price, qui fait cependant promettre à Olivier d’emmener l’équipe en finale, le temps qu’il se préserve). Tous se dépassent, se surpassent, luttant en permanence contre la douleur. C’est beau ! Alors c’est vrai que les Japonais n’expriment pas vraiment leurs émotions en public, parce que ce n’est pas dans leur culture.  Mais bon, on les voit quand même bien souffrir, tous ces joueurs. Comme quoi, on ne peut pas tout cacher. Cependant, si j’ai tenté de faire de Thomas Price une sorte de “préféré”, parce qu’il a réussi à stopper l’entraînement pendant quelques semaines, il a été le seul à dire cette phrase “ce n’est quand même pas un médecin qui va me dire si j’ai le droit de jouer ou pas”. Bah si, quand même, Thomas...

Je ne me souviens plus vraiment de ce que je pensais vraiment de toutes ses blessures quand j’étais enfant. Avais-je pitié ? N’en tenais-je pas rigueur, focalisé sur l’histoire plutôt que sur les détails ? En tout cas, le scénario ne nous laisse pas vraiment le choix, qu’ils sont longs ces moments où on entend des “ah j’ai mal”, ou des cris plus ou moins étouffés. C’est bien fait, il existe même des variantes dans les dessins, les couleurs, les contrastes. Ai-je pu passer à côté de toutes ses blessures ? Non. Lamartine disait que pour devenir un poète, il fallait déjà deux qualités : la sensibilité et l’influençabilité. J’avais les deux, c’est sûrement pour cela que j’ai écrit bon nombre de poèmes (qui ont mal fini) à l’adolescence. Mais le plus important dans tout cela, c’est le mot “influençabilité”. J’étais influençable, et cette thématique de la blessure a provoqué un phénomène assez improbable lorsque j’avais 13 ou 14 ans : j’avais envie d’être blessé ! Parce que j’avais développé bien malgré moi une croyance selon laquelle il fallait être blessé pour être sportif de haut niveau. Je vous laisse donc vous faire une idée de mon palmarès, avec en tout et pour tout un orteil cassé en sortant de la douche, une phalange fissurée en tentant d’arrêter la frappe d’une sorte de Mark Landers du handball, et quelques points de suture en essayant mon nouveau couteau suisse le jour de Noël. Alors, vous allez me dire, ai-je été le seul à développer cette croyance ? Pas si sûr. Ma pauvre fille, elle encore, a donc participé bien involontairement à quelques tests. À 7 ans, j’ai commencé à lui faire regarder Olive et Tom ! Avec un papa préparateur mental et une maman ayant été pendant plusieurs années en équipe de France de ski, elle est exactement tout notre contraire de ce côté (et je m’en réjouis à cet âge) : elle n’a aucun esprit de compétition. "Olive et Tom" peut-il apporter quelques modifications de ce côté ? Nous verrons cela plus tard, dans une autre partie. Ce qui est très intéressant, c’est que depuis quelques jours, elle ne cesse d’observer les blessures de ses camarades de classe, dont une fille qui marche avec des béquilles (et j’espère qu’elle ne fera pas partie de celles qui arrêteront le sport à cause de ça...). Avec un large sourire, j’ai accueilli récemment un : “papa, tu sais, j’ai rêvé que j’avais des béquilles. J’aimerais trop en avoir”. À n’en pas douter, c’est un effet “Olive et Tom”, comme son père ! Bien sûr, en tant que père, je ne peux pas lui laisser dire ça. Mais intérieurement, je trouve ça génial. Sa maman, un peu moins je suppose.

Ce fichu dessin animé planterait-il quelques croyances comme celles-ci dans la tête des enfants ? Sur deux personnes, le test n’est pas très représentatif, mais je serais curieux d’interviewer les quelques milliers d’enfants qui ont pris en pleine face ces images de souffrance sportive. Oui, la blessure fait parfois partie du sport du haut niveau, on revient même plus fort de temps en temps. Oui, il faut l’accepter, rebondir, avancer. Mais non, elle n’est pas indispensable, obligatoire. Comme j’étais fier d’arriver en quatrième avec un bout de strap sur les doigts un lendemain d’entraînement. J’avais l’impression d’être sportif, d’être un vrai sportif. Les plus fins psychologues d’entre vous diraient donc que ces envies de blessures étaient plutôt des appels, comme pour dire au monde entier “je n’ai pas confiance en moi, venez s’il vous plaît !”. Je ne démentirai pas totalement cette affirmation. En tout cas, une chose est sûre, le sport m’a permis de sortir de ma timidité. Et c’est en CM2 que j’ai commencé à vraiment aimer la compétition. Vous savez quand ? Pendant ma seule année de football, où j’étais fier de voir marquer “Ferry” sur la sélection pour le prochain match. Merci Olive et Tom.

Je ne peux pas conclure sur cette thématique de la blessure sans évoquer ce qui s’est passé entre le CM2 et la 4e, avant donc d’avoir envie d’être blessé. Sûrement aussi le temps que je progresse au handball et que je connaisse mes premières sélections à plus haut niveau (le “plus” est important). Je me souviens qu’avec mon Ben Becker à moi, on jouait les casse-cous en permanence. C’était toujours à celui qui avait les jambes les plus meurtries : bleus, griffures, tout était pris en compte. Il était aussi bon que moi ce Ben, pas une blessure (et lui, en plus, il a persisté dans le football) ! Son frère a fait bien mieux que nous, en tombant de 12 mètres, du haut du mur d’escalade (ironie du sort pour ceux qui me connaissent, ce sport était donc celui que je détestais au plus haut point au collège !). Heureusement, il s’en est remis (et bien remis). Cela a mis fin à nos jeux stupides. Régulièrement, il nous arrivait de sauter du premier étage (de ma chambre), ou de faire des singeries dans les arbres. Tout était bon pour avoir des bleus. Mais alors, j’y pense, encore un autre garçon qui aurait succombé à cette vilaine croyance ? Peut-être bien.

 

Les croyances

Si j’ai pris le temps d’évoquer cette croyance un peu insoupçonnée dans la partie précédente, il en reste d’autres, pour mon plus grand bonheur de préparateur mental. Une croyance d’ailleurs, c’est quoi ? Pour faire simple, ce sont des pensées que nous considérons comme vraies, directement issues de nos expériences. Certaines d’entre elles datent un peu... surtout pour nous, adultes bien têtus que nous devenons. Évidemment, toute croyance peut influencer nos comportements, attitudes, pensées. De temps en temps, une croyance peut aider. À titre personnel, je crois qu’il faut être prudent de ce côté, il n’est jamais bon de croire à quelque chose de faux pour réussir. Sur le long terme, cela n’est jamais très bon ! Heureusement pour nous, petits humains que nous sommes, en général notre cerveau se charge de développer des croyances bien négatives, bien limitantes, et je m’y attaque en permanence dans mon métier. D’où vient cette croyance ? Qui a dit ça ? Est-ce que cette personne est vraiment crédible à tes yeux, et pourquoi ? Parfois, juste avec le questionnement, on arrive à détruite des croyances limitantes ; d’autres fois il faut sortir les armes secrètes. D’ailleurs, rien de pire pour un préparateur mental que de développer des croyances sur la manière d’obtenir tel ou tel résultat ! Ceci étant écrit, revenons à notre dessin animé.

Avec du recul, je crois que ma croyance préférée tourne autour de l’entraînement. S’entraîner toujours plus, plus longtemps, plus intensément, pour être meilleur. Au début, c’est sympa, le jeune Atton s’amuse avec “son meilleur ami” (son ballon, vous l’aurez compris). Et comme ils sont super forts ces Japonais, ils nous manipulent par les émotions en nous montrant qu’un jour le futur prodige du football a eu la vie sauve grâce à ... son ballon. Échappant à la vigilance de ses parents, le petit Olivier a percuté un camion. Heureusement, son meilleur ami a amorti la chute. Alors, oui, Olive passe son temps à jouer au ballon, avec son ballon, et c’est le premier conseil qu’il donne à ses nouveaux camarades de classe quand il emménage dans une ville que je serais incapable d’écrire correctement. Au début donc, c’est presque touchant et mignon. Très vite, en grandissant, on en arrive à l’entraînement proprement dit. C’est l’arrivée d’une croyance qui contamine toute l’équipe : plus on s’entraîne, plus on devient fort. D’ailleurs, j’ai assisté récemment à la conférence d’un brillant entraîneur de football (j’ai réellement beaucoup de respect pour lui, mais ce que je vais écrire n’est pas forcément très flatteur, je garderai donc bien précieusement son nom). Il venait prodiguer ses conseils à quelques managers et futurs cadres d’entreprises. L’un de ses conseils était le suivant : “faites comme moi, j’ai fait travailler mes gars encore plus”. Alors, je trouve ça génial, le fait de donner des conseils, mais je crois que ce monsieur ne savait a priori pas trop que dans la vraie tout le monde n’est pas aussi fainéant qu’un... footballeur français ! Est-ce de l’humour ? Du second degré ? Oui et non.  Le monde de l’entreprise s’est toujours inspiré de ce qui se faisait dans le sport de haut niveau, mais il ne faut pas non plus exagérer. Je connais bon nombre de managers qui, une fois revenus sur le terrain, se feraient lyncher s’ils annonçaient à leur équipe “les gars, on va travailler encore plus !”. Je ne crois pas que ce soit le genre de conseils à donner à des patrons d’entreprise. Peut-être, en effet, que ces joueurs étaient fainéants, peut-être pensait-il aussi que tous les footballeurs français se comportent de la sorte, mais je ne crois pas que les footballeurs soient les plus à plaindre en termes de volume et d’intensité de travail... Cela dit, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit ! J’aimerais tant, parfois, que certains sportifs en fassent moins. Ce qui vous choque, c’est le mot “fainéant”, n’est-ce pas ? Je l’ai employé volontairement, car à l’opposé de cette croyance de vouloir en faire toujours plus pour être meilleur, on a l’impression qu’en faire moins fait forcément de nous des fainéants. Bien sûr que tous les footballeurs ne sont pas fainéants ! J’ai simplement pris le contre-pied (quelle technique !). Cette croyance est malheureusement toujours d’actualité chez certains sportifs, qui vont même jusqu’à culpabiliser quand ils rognent une séance d’entraînement de quelques minutes. Et imaginez ce qui peut se passer dans leur tête quand ils manquent un entraînement ! C’est étrange, parce que cette croyance est une double croyance. Je m’explique. Objectivement, s’entraîner jusqu’à ne plus pouvoir la veille d’un match important, ça n’a pas de sens, et si Olive et Tom y parviennent (ainsi que leur équipe), c’est bien parce que c’est dans un dessin animé. Ce que j’appelle double croyance, c’est que malgré la réalité “physiologique”, “physique”, c’est-à-dire le fait que normalement on devrait le lendemain se sentir moins frais, moins disponible, moins réveillé, moins fort, on est en effet plus fort ! Plus fort dans sa tête. Et certains, malgré la fatigue physique, font de meilleurs résultats grâce “au mental”. C’est là toute la magie de la préparation mentale : on peut être épuisé physiquement et faire des résultats merveilleux. Le mental dépasserait-il le physique ? Vaste débat. Le cerveau ne croit que ce qu’il veut croire, n’est-ce pas ?

Tout entraîneur, tout préparateur, doit se poser cette question à un moment : dois-je le (le sportif)  laisser croire à  cette aberration ? Le cas de l’entraînement à outrance, c’est une croyance aidante pour certains sportifs, mais qui peut être (qui est) en réalité limitante, et donc négative. C’est le quotidien d’un préparateur mental, qui doit rapidement se positionner sur ces questions. En règle générale, quand le sportif ne fait que s’entraîner, il ne prend plus le temps de faire ce qu’il aime faire à côté (voir ses proches, la cuisine, aller au cinéma, etc.). Au moindre coup dur, à la moindre défaite, il sombrera dans les doutes profonds et le surentraînement. On n’a pas le droit de lui laisser croire à ce genre de croyance ! Même s’il tient, si les performances sont là. Parce qu’elles ne dureront qu’un temps. J’assume complètement ces propos, même si je sais que certains coachs ne sont pas de cet avis. Je fais donc le lien avec la thématique de la blessure. N’avez-vous jamais remarqué tous ces petits bobos que vous vous faites quand vous êtes fatigués ? On se cogne, on se pique, on s’égratigne. Alors, il faut aller plus loin dans la réflexion : cette croyance, celle de vouloir être toujours meilleur en s’entraînant toujours plus, n’est-ce pas finalement la cause de toutes ses blessures dans le dessin animé ? Peut-être bien. Quant aux sportifs qui ne se blessent jamais, mais qui persistent à vouloir toujours en faire davantage, combien sont ceux qui “se posent trop de questions”, qui “sont aigris”, “qui ne prennent plus de plaisir” ? Ce sont d’autres formes de blessures, psychologiques cette fois-ci. Invisibles ?

Bien évidemment, la série est remplie d’autres croyances, et il serait assez amusant de les traiter une à une. Cependant, cette partie serait un peu trop importante au regard des autres thématiques à illustrer.

 

Les objectifs

Par une succession de faits à peine croyables, le célèbre avant-centre brésilien Roberto Sedinho devient le “coloc” de Olivier Atton, puis son entraîneur personnel. Si j’ai tout compris au scénario, il aurait tenté de se suicider en se jetant à la mer, après avoir appris qu’il ne pourrait plus jamais jouer au football à cause d’une maladie à l’oeil. Heureusement, le père d’Olivier qui passait par là aurait plongé (…) à son secours. La suite est un peu floue, mais on apprend que l’avant-centre va être hébergé par madame Atton (le père passant sa vie en mer), en attendant des résultats d’examens plus approfondis dans une clinique japonaise. En résumé, Roberto a désormais une sorte de dette envers monsieur Atton ; il va donc s’occuper d’Olivier. Le coacher. Le motiver. Et quoi de mieux que de lui proposer d’aller au Brésil ! Rêve ou objectif pour le fameux capitaine de la New Team ? À plusieurs reprises, dans les épisodes, le garçon utilise plutôt l’expression “partir au Brésil, c’est mon rêve”. Erreur de traduction ou réalité ? Et quelle différence finalement, entre un rêve et un objectif ?

Peu importe pour le moment, considérons que c’est un point en ligne de mire. Olivier Atton a devant lui une étoile qui brille plus que les autres : il veut partir au Brésil. Pour cela, il faut gagner le championnat national. Et là, on en est sûr, c’est bien un objectif. Toute la série est finalement assez bien construite de ce côté-là, puisque les joueurs ont en permanence des objectifs, et pas seulement en termes de résultats. C’est ça qui est intéressant. Parfois, cela tourne au ridicule, surtout quand cela concerne les gardiens, de la trempe de Thomas Price, ou Ed Warner. Pour devenir des professionnels, ils raisonnent en “nombre de buts” encaissés, ou plutôt en nombre de tirs arrêtés. Voilà donc nos deux gardiens qui prétendent être invincibles, avec de nombreuses répliques qui nous montrent qu’avant la série jamais personne n’avait réussi à leur marquer de buts. Bien sûr, Olivier y parviendra rapidement ! C’est quand même intéressant, car pour avoir travaillé avec différents gardiens en préparation mentale, on cherche avant tout à gagner en faisant échouer l’Autre. En résumé, si au handball un arrière à 80% de réussite au tir en match, il suffit de faire baisser son pourcentage pour avoir des chances de gagner. C’est là toute la subtilité pour un gardien de handball par exemple : plutôt que de vouloir augmenter son pourcentage d’arrêts (anxiogène), on fait diminuer le taux de réussite des tireurs adverses (plus motivant). C’est un peu la même chose, sorti du contexte “mental”, mais notre cerveau ne s’y trompe pas ! D’un côté on sauve les meubles, on subit. De l’autre, on devient acteur, on décrypte, on analyse, ou découpe. Bon, pour Tom et Ed, c’est assez simple, leur objectif : n’encaisser aucun but. C’est mesurable, facile à comprendre, ambitieux. Oups, là ça coince, un objectif doit être ambitieux, mais pas prétentieux. Clairement, un gardien qui croit pouvoir rester invincible est un peu plus qu’ambitieux !  Mais sur le principe, c’est un peu ça. Cela simplifie le processus : si un gardien arrête tout, il devient le meilleur, il finira professionnel. Dans la réalité, ce n’est pas exactement comme cela que ça se passe.

Cela m’amène aux objectifs d’Olivier Atton. Il faut toujours, au loin, un petit quelque chose qui brille. Et en effet, parfois, les rêves se confondent avec les objectifs les plus fous. Pour certains sportifs, ce sont des JO, par exemple. Lui, c’est le Brésil. Petit à petit, on voit apparaître d’autres objectifs lointains, comme le fait de jouer dans l’équipe nationale du Japon avec Tom et Ben notamment, pour se retrouver (parce qu’évidemment ils évolueront chacun dans une grande nation du football : France, Allemagne, Brésil). Oui, mais voilà, le célèbre avant-centre brésilien n’a pas simplement dit “je t’emmènerai au Brésil”. Il a ajouté “si tu gagnes le championnat national”. Et le vilain, il ne tiendra pas sa promesse ! Ensuite, tout se découpe assez bien, parce que pour gagner, il faut se qualifier au niveau régional, puis franchir chaque étape. On voit même une défaite de l’équipe face à Landers. Mais heureusement, il faut finir 1er ou 2e de sa poule pour accéder à la suite de la compétition. Voilà des objectifs “simples”, ambitieux, réalistes, mesurables, qui s’inscrivent dans le temps, et qui respectent l’environnement de chacun (même les parents d’Olivier sont prêts à le laisser partir au Brésil malgré son jeune âge). Pourtant, ce sont des objectifs de résultats, donc qui dépendent des autres, et (vous l’aurez compris !) pas uniquement de soi. L’idée, quand on fixe des objectifs, c’est d’arriver à mixer des objectifs de résultats et de performance. Si chaque joueur réussit dans ses objectifs de performance, alors l’équipe aura une chance de réussir en termes de résultats. Et là, tout est permis : technique, physique, mental, récupération (et j’en passe). Si je réussis à trouver un joueur démarqué sur 100% de mes centres, j’aurai plus de chances de faire gagner mon équipe. Parce que chacun aura ce type d’objectifs. L’idée n’est pas ici de rentrer dans les détails, mais d’en comprendre le principe.

On voit donc, au fil des épisodes, que les personnages principaux se donnent différents objectifs de performance : tirer de plus en plus fort (= faire craquer le filet des buts !), courir le 100m aussi rapidement que Patrick Evrett, placer ses frappes, etc. Pour en revenir à la puissance des tirs au but, les Japonais n’hésitent pas à utiliser des métaphores : on trouve donc le tir du faucon, de l’aigle, du tigre, etc. Personnellement, je n’ai jamais vu tirer un oiseau ou un félin, mais le cerveau doit sûrement retenir le côté bestial, animal, agressif. Olivier aussi en a conscience, notamment dans un épisode où le pauvre Bruce Harper essaie de se remettre au niveau. On le voit dribbler, encouragé par ses camarades, et c’est Olivier qui tient le chronomètre. Lorsqu’il arrive, épuisé, le capitaine lui dit de recommencer, parce que son temps n’est pas suffisant. Allons donc, le jeune Olivier aurait donc une idée de la performance à accomplir, et surtout en combien de temps ? Voilà un superbe exemple d’objectif de séance. Si on se focalise sur de tels objectifs à chaque entraînement, qu’on prend le temps de les caler, de rendre possible leur travail, alors on va progresser, et on aura une chance d’atteindre les objectifs de résultats.

En tant que préparateur mental, je ne peux pas passer à côté des objectifs mentaux, ou comportementaux. On retrouve l’esprit japonais ! Nous voilà avec des “premiers de la classe”, des joueurs qui respectent les autres, qui savent parfaitement comment se comporter. Pas tous, heureusement ! Sinon l’histoire serait un peu monotone (quoi, c’est quand même le cas ?). Mark Landers en est l’exemple type, agressif (c’est quand même le tigre) au possible, mais d’autres s’écarteront du comportement modèle. Je pense notamment à Jack Morris, qui veut lors d’un match se venger des actes de violence qu’on a fait subir à son équipe, le tout dans le dos de l’arbitre. Pas bien, hein ? Ce qui est certain, c’est que la série aborde à de nombreuses reprises le fair-play, et plus généralement le respect des autres y compris en dehors du terrain. Quelques petits “pics” d’humour viennent ponctuer les épisodes, surtout pour le pauvre Bruce très sujet aux moqueries ! On oscille donc entre des “leçons de morale”, et de vrais objectifs comportementaux pour les joueurs. Et ce qui est très bien, c’est que même les moins respectueux ont leur minute de mea culpa. Mieux que cela, ils viennent très sportivement féliciter les gagnants. Ce sont des thématiques très importantes en préparation mentale, car bon nombre de sportifs s’épuisent à maudire la victoire (parfois injuste) d’un adversaire, alors qu’il serait si simple de s’en réjouir, pour lui (tout en se disant qu’on lui mettra une pilule la prochaine fois !). Je pense notamment aux différents membres d’une même équipe de France par exemple. Le jour J, les voilà adversaires, mais la force d’une équipe, c’est aussi de savoir se féliciter les uns les autres. Ruminer, se lamenter sur son sort, c’est coûteux nerveusement et ça ne sert à rien. Cela peut paraître étrange d’insister sur ce sujet, mais cela me semble primordial. On a le droit d’avoir “la gnaque” au moment de la course, d’être déçu quand ça ne se passe pas très bien. Pourtant, c’est une grande qualité que d’arriver à se réjouir de la victoire d’un autre. Et qui sait, arriverait-on à puiser un peu d’énergie dans tout ça ? Tout cela n’est pas du tout paradoxal, ce sont deux moments différents. Alors bien évidemment, les objectifs mentaux et comportementaux peuvent être très variés, nombreux. Parfois, à l’inverse, on apprend aux sportifs à devenir plus agressifs, à “s’énerver” un peu plus... à ne pas être trop gentils !

 

Ancrages

Ce mot ancrage est choisi par préférence personnelle, mais d’autres l’appellent d’une tout autre manière. Pour résumer le principe, c’est comme si on avait un interrupteur qui nous permettait de déclencher un comportement sur commande, par exemple. Autrement dit, on associe un déclencheur à une réaction. Le cerveau, pour nous protéger notamment, réalise de nombreux ancrages en permanence. Problème, il a tendance à ancrer le négatif. En préparation mentale, on prend le contre-pied de tout cela, et on ancre du positif, un comportement, un état, ou une sensation qui pourrait nous servir. Et là, tout est possible : dynamisme, sérénité, agressivité, récupération, etc. Les acteurs sont capables de rire ou de pleurer sur commande, et les déclencheurs peuvent être variés : couleurs, mots, simple pensée, musique, geste, etc. De temps en temps, on peut même tromper notre cerveau, sur un laps de temps très court. Ainsi, en pleine canicule, on peut activer un ancrage lié au froid ; notre corps grelottera pendant une seconde ! Mais bien sûr, on ne peut pas se mentir trop longtemps (même si certains sont des spécialistes...), tout cela n’est qu’un jeu, mais qui peut permettre de s’entraîner, avant de se lancer dans du “plus sérieux”.

Olive et Tom utilisent-ils des ancrages ? Oui, assurément, sous forme de “flashs”, de “paroles entendues”. Ces déclencheurs libèrent de l’agressivité, du courage, de la ténacité, de la détermination, tout au long des épisodes. Ont-ils pour autant appris à créer des ancrages ? Non, je le répète, nous savons tous déjà le faire inconsciemment, même si je dois bien avouer que certaines personnes ont beaucoup plus de facilités à le faire. Parfois, il faut travailler sur d’autres points avant de revenir aux ancrages (lâcher-prise, champs attentionnels, etc.). Toujours est-il que nos héros sont a priori très forts dans ce domaine ! À chaque fois, c’est associé à un dialogue interne très intense, prenant, avec cependant quelques touches de “pression”, comme des “il faut que”, “je ne peux pas”, “j’ai promis de”, etc. C’est un autre sujet, que je ne choisirai pas de traiter ici !

Alors, où vais-je en venir ? Où ai-je envie de vous emmener ? Les personnages, c’est une chose, les spectateurs en sont une autre. Pourquoi allons-nous au cinéma ? Pourquoi cherchons-nous à nous divertir ? Pour couper, rêver, souffler, fantasmer, s’impressionner, s’immerger, et sûrement bien d’autres verbes, pas forcément du premier groupe !  C’est exactement là où je veux en venir. Certains d’entre nous sont très sensibles à la musique (quelques personnes les appellent les “auditifs”, mais je trouve qu’il est quand même un peu dommage de classer les gens de cette manière...). Sensibles, donc avec de potentiels déclencheurs ! Et il suffit d’aller sur Internet pour s’apercevoir qu’il existe bon nombre de “fans” d’Olive et Tom attachant énormément d’importance à la musique des différents épisodes, et pas seulement au générique. On trouve même un espagnol qui s’est fait floquer le logo de la “New Team” sur un tee-shirt, et qui s’est enregistré à la guitare électrique, emportant ainsi les passionnés dans un medley incroyable ! Je ne ferai pas de publicité, et nul doute qu’avec les moyens modernes vous trouverez (il faut quand même chercher un peu). Le déclencheur, on l’a : la musique, ou en tout cas certaines musiques. Car oui, on se rend vite compte que les mélodies utilisées ne sont pas placées au hasard : action d’Olivier Atton, action de l’équipe adverse, moments de doutes, phases de jeu plus “normales”, notre cerveau sait vite comment réagir. Ainsi, ce petit solo de guitare au moment où Olive va faire des miracles, on le sent passer émotionnellement. Ma fille, pour en revenir à elle, pauvre testeuse désignée volontaire, réagit à merveille à cela. Lorsque les premières notes commencent, elle se dresse, elle commente ce qui se passe à voix haute, avec le souffle court et un rire nerveux (que je lui pardonne). Bref, elle est complètement dans l’effet souhaité. Moi-même, j’étais comme cela, et cette musique d’Olive et Tom a été pendant des années un déclencheur ultra puissant, capable de me redonner de l’énergie quand j’en avais besoin, juste en me remémorant la mélodie. C’est donc avec une légère pointe de honte que je vais avouer avoir probablement gagné le cross du collège en partie grâce à cela. Et attention, il m’a fallu attendre... la troisième avant d’y parvenir ! C’est dire si cette musique me faisait de l’effet. Allons donc un peu plus loin. Ma fille, souvenez-vous, n’a pas du tout l’esprit de compétition, c’est en tout cas ce que je mentionnais dans un précédent paragraphe. Au bout du dixième épisode, son comportement a changé, à certains moments, notamment à la piscine (eh oui...), où je l’ai vue de mes propres yeux doubler à pleine allure son voisin de ligne d’eau, avec une énergie que je ne lui connaissais pas ! Bizarrement, c’est aussi depuis ce moment qu’elle a trouvé de nouvelles ressources en ski. Elle qui n’aimait pas trop la vitesse, la voilà collée à mes talons (en respectant toutefois la partie arrière de mes skis, qu’on se le dise), avec des “papa tu skies tout doucement”. Moi qui pensai avoir un peu de marge avant l’adolescence... il faut croire que non. À ce stade de l’étude, je ne lui ai pas encore posé la question de la musique d’Olive et Tom. L’a-t-elle dans un coin de la tête ? En est-elle consciente ? Comment déclenche-t-elle ces nouveaux comportements ? Il est encore un peu trop tôt pour l’embêter avec cela, mais forcément je poursuivrai les recherches.

 

En conclusion

Vous l’aurez compris, malgré les petits “pics” que je peux adresser à la série, je suis complètement séduit depuis mon enfance par ce monde d’Olive et Tom. D’ailleurs, qui peut vraiment écrire sur le sujet sans l’avoir vécu de l’intérieur ? Pour être tout à fait honnête, j’ai encore de nombreuses thématiques en tête, des exemples, et de quoi tenir, sûrement pendant plusieurs milliers de mots. Mais écrire un roman sur Olive et Tom n’est pas du tout un objectif !

J’aimerais donc conclure sur un point important. À la rédaction de ces lignes, j’ai presque 40 ans, ce qui fait que je fais partie de ces gens qui ont connu le fait d’aller chercher un renseignement à la bibliothèque quand Internet n’existait pas. Pas vieux, mais quand même un peu dans la tête des enfants (et de quelques étudiants). Je peux donc écrire en toute légitimité l’expression “à mon époque”. À mon époque donc, j’entendais déjà les parents (enfin, les mamans...) débattre sur les dangers de la télévision, sur le fait que les enfants ne devaient pas trop regarder de dessins animés, et tous les sujets annexes, divers et variés. C’est sûrement un peu pour cela (et parce que j’aimais être dehors) que la “télé” n’a pas vraiment fait partie de mon éducation. Et je remercie d’ailleurs mes parents, car je crois que c’était une bonne chose. Néanmoins, j’ai connu Olive et Tom. J’ai connu Olive et Tom en le vivant pleinement, en le prenant en pleine tête, en m’identifiant parfois à ses héros. Aujourd’hui encore, on lit de nombreuses études sur les dangers réels de l’exposition des enfants aux écrans, que ce soit d’un point de vue du sommeil, de la concentration, du comportement, et j’en passe. En fait, les études ont toujours raison. En France (particulièrement), parce que ça nous rassure, on a tendance à être dans le “0” ou “1”, le vrai ou faux, le bien et le mal. Mais mettons un peu de nuances ! Oui, les chercheurs ont prouvé que c’était mal, dangereux d’exposer nos enfants aux écrans. Pourtant, en général, ils utilisent des mots qui ont toute leur importance : “fréquemment” par exemple, ou “plus de “x” heures par semaine. Ma fille est élevée sur ce principe, elle est loin d’être surexposée. Nous respectons ces différentes précautions, et je nous en félicite. Mais qu’on se le dise, ce que les études ne mentionnent pas, c’est bien tout ce que peut apporter un dessin animé, un film à un enfant. "Olive et Tom" est, je crois, en mesure de provoquer chez certains (et certaines, je le sais de source sûre maintenant !) des comportements que seuls les préparateurs mentaux seraient en mesure de créer (un brin excessif, mais je fais de la publicité pour la profession) ! "Olive et Tom" est magique en ce sens, car tous ceux qui ont été touchés en ressortent plus grands, plus forts, plus vivants.

Aussi critiquable que cela puisse être, avec les regards d’un enfant on pardonnerait toutes les erreurs, tous les excès du scénario. "Olive et Tom" a propulsé du canapé des milliers d’enfants. Dehors, le monde n’était plus le même. Il fallait désormais se battre. Gagner. S’amuser. Avoir des objectifs. Ressentir. Faire confiance. Aimer. Se passionner. Quand on me pose la question de savoir à quel âge on peut commencer la préparation mentale, j’ai maintenant envie de répondre : “montrez Olive et Tom à votre enfant. S’il n’accroche pas, revenez-me voir et on verra.”

 

Thomas Ferry

© 2020 par Thomas Ferry

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